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Message par blandine le Dim 29 Mar 2020 - 16:32

Rossella, interne en médecine d'origine italienne de 26 ans, travaille dans un hôpital depuis le lundi 23 mars. En première ligne face au coronavirus, elle livre à L'Express son journal de bord. Pour des raisons de confidentialité, ni son nom, ni celui de son établissement, ne sont révélés dans cette chronique.



Vendredi, 27 mars 2020

L'internat est une avenue de gifles et larmes. C'est un chemin où l'on apprend à se connaître, à toucher ses limites, à rencontrer la désillusion, à admettre ses manques et ses erreurs. Il conduit à l'humilité. Parfois, il nous surprend avec la force d'une claque inattendue, qui déclenche une cascade de larmes que même la nuit ne pourra pas arrêter.

Ce vendredi, j'arrive au travail avec un quart d'heure de retard. Mon chef de salle, Jules, est déjà en train de partir voir des patients. Il me dit de commencer ma visite et de l'appeler au moindre souci. Rien de plus. Il ne me parle pas du décès survenu pendant la nuit, ce n'est plus le moment, il fallait arriver à l'heure. Ce n'est pas une punition de sa part, juste la description du fonctionnement d'un hôpital pendant la guerre (en temps de paix aussi, d'ailleurs).


J'allume l'ordinateur et je découvre que Mr.G. est décédé la veille au soir. J'avais parlé avec sa soeur douze heures auparavant. Elle ne m'appellera plus pour prendre des nouvelles. Je n'entendrai plus sa voix inquiète demander : "Il va comment, mon frère ?".

La matinée se déroule dans le calme. Les autres patients sont stables, les deux malades qui sont en fin de vie ne souffrent pas. Je fais mon tour, contrôle les résultats des prises de sang, note l'évolution dans les dossiers, adapte les traitements si nécessaire, puis je fais le point avec Jules.

"Il faut que j'intervienne avant l'arrêt cardiaque"

À midi, j'ai déjà fini. Je consulte les dossiers de deux nouvelles personnes dont je vais commencer à m'occuper à partir d'aujourd'hui puisque l'un de mes co-internes a été infecté par le Covid; nous ne sommes plus que trois pour deux salles et il faut se redistribuer des patients.

L'après-midi arrive, et avec lui l'orage. Je cours le plus vite possible : ce n'est pas assez. L'état de mes charmants petits vieux se dégrade, il faut que j'intervienne avant l'arrêt cardiaque car là, ils seront perdus : ils sont "non-réa", on ne pourra plus les récupérer.

Mr T., qui allait mieux le matin, tombe en détresse respiratoire, il vomit, il faut lui piquer l'artère, lui prélever du sang, le mettre sous 15 litres d'oxygène, contrôler son état en permanence. Les deux patients en fin de vie commencent à souffrir et il faut adapter les doses des médicaments pour les soulager. À chaque fois qu'on rentre et qu'on sort d'une chambre, qu'on passe d'un couloir à l'autre, d'un local à l'autre, il faut se laver, se changer, mais il n'y a pas assez de surblouses, bref, c'est le grand bazar. Dans ce chaos, je dois aussi écrire les transmissions pour le week-end et gérer deux nouvelles entrées : un petit vieux avec des troubles cognitifs, très prostré, mais lucide et effrayé ; et une dame âgée, avec un syndrome bipolaire et difficile à interroger. Évidemment, tous deux sont Covid positif et ne respirent pas bien. Il faut immédiatement contrôler leur stabilité hémodynamique et respiratoire, mettre en place le nécessaire pour la nuit - le possible, plutôt.

"J'ai sept patients, dont cinq menacés d'une mort imminente"

Pour l'un comme pour l'autre, je donne priorité à l'examen clinique et ne prend pas connaissance de leur traitement de fond; je m'en occuperai dans un deuxième temps, une fois gérée l'urgence. Évidemment, ce serait mieux de tout faire tout de suite, mais je n'y arrive pas : je suis seule, j'ai sept patients, dont cinq menacés d'une mort imminente. Et puis, je suis encore une jeune interne, je n'ai pas la rapidité d'un chef, a fortiori quand l'un des deux patients arrive à peine un quart d'heure avant l'horaire auquel on est censé avoir mis les transmissions à jour.

J'accueille la patiente dans le couloir et je suis les brancardiers pendant qu'on l'installe dans la chambre. Je vérifie ses constantes, réalise l'examen clinique. Elle ne va pas bien, évidemment, mais elle est stable. J'écris les résultats de son examen et je cherche des informations à son sujet dans la banque de données médicales. Les informations que je trouve ne sont pas complètes, mais j'arrive à contacter son médecin traitant qui me résume son parcours, du moins ce qu'il en sait : cette dame sort d'une hospitalisation en psychiatrie. Le morceau de puzzle qui me manque est le compte rendu de ce séjour : il n'est pas numérisé. Il a été rédigé sur papier, mais je ne l'ai pas encore trouvé. Je m'apprête à aller le chercher pour compléter le tableau quand je croise Jules, à qui je raconte ce que j'ai découvert jusqu'à présent, en ayant bien conscience que tout cela reste encore partiel.

"J'éclate en sanglots. Personne n'y prête attention"

Jules me gronde sans que je puisse vraiment m'expliquer. Devant tout le monde, les externes, les internes, les autres chefs. Il ne voit que la partie manquante, et pense visiblement que j'ai été négligente. "Ce n'est pas acceptable de ne pas avoir récupéré le traitement de fond d'un patient à dix-huit heures !". Cette humiliation, dans ce contexte et avec ce moral, je ne la supporte pas. La patiente est arrivée à 17h45, elle allait mal, il fallait d'abord s'assurer qu'elle ne fasse pas de choc, l'examiner, lire les informations des urgentistes, et seulement après savoir ce qu'il s'était passé avant. Je ne peux pas tout faire au même moment.

En plus, je suis crevée. Malgré moi, j'éclate en sanglots. Personne n'y prête attention, moi non plus d'ailleurs, je poursuis mon travail.

Le compte rendu manquant est finalement retrouvé au poste de soins des infirmières. Jules récupère le traitement de fond en appelant la clinique où la patiente se trouvait auparavant. Je mets à jour les transmissions, demande les prises de sang pour le lendemain, contrôle encore un tas de choses et gère avec lui les derniers évènements de la journée, notamment une fausse route avec désaturation et un infarctus de dernière minute.

Une heure plus tard, je pleure toujours, sauf dans les chambres des patients. Jules me demande quel est le problème. Je lui avoue ma désolation face à mes manques, ma sensation d'impuissance, mon impression d'insécurité, la honte d'avoir déçu mon chef... Jules est gentil. Il ne me réconforte pas vraiment, mais, sans colère, il m'explique que son rôle consiste aussi à reprendre ses internes lorsqu'ils ne travaillent pas correctement.

Je sors de l'hôpital vers vingt heures trente, j'ai l'impression d'être un torchon sale et mouillé. Je monte sur mon vélo et je pleure jusqu'à Victor. J'ai la chance de pouvoir pleurer vers l'amour, je sais qu'à la maison un allié m'attend. Bientôt, nous serons deux, et à deux, on est plus fort. Victor me fait parler et me câline. Quand je cesse de pleurer, il me nourrit, mais à la fin du repas, je recommence à pleurer, en silence. Alors Victor me borde. Quand je glisse dans le sommeil, je pleure encore.

Demain, j'arriverai au boulot les yeux cernés, rouges et gonflés, mais j'arriverai à l'heure.
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Message par Carline le Dim 29 Mar 2020 - 19:58

Emouvant. Merde je pleure.
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Message par DoMi le Lun 30 Mar 2020 - 10:10

Impossible de lire jusqu'au bout ...
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Message par Damkipik le Lun 30 Mar 2020 - 12:06

Dantesque.
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Message par canelle le Lun 30 Mar 2020 - 14:23

Effrayant, le courage de cette jeune femme et de tous les autres, ce berdol, grâce à toutes les mesures, prises depuis des années, parce qu'il faut gérer les hôpitaux comme une entreprise qui fait du fric, encore une raison d'avoir la rage aujourd'hui.
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Message par Damkipik le Jeu 2 Avr 2020 - 17:38

Espérons qu'après la crise, des mesures seront prises afin que rien de tout cela ne puisse se reproduire !
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